RN147 - E62 : Aménagement sur la commune de Lussac-les-Châteaux
1/ Présentation
a) Globalement :
Longue d’environ 150 km au total, la RN147, relie la région parisienne à Limoges, capitale limousine, à Poitiers, capitale du Poitou. Elle ne dessert que deux villes moyennement importantes : Bellac et Lussac-les-Châteaux. Classée route européenne, l'axe s’inscrit en tant que partie intégrante de la Route Centre Europe Atlantique (RCEA). Il a donc une fonction importante de structuration du réseau routier national, même si la mise en service d'autoroutes dans le secteur et le faible trafic national enregistré remettent en cause ce rôle. La fonction de route européenne est plus utilisée comme argument pour demander un aménagement, sans tenir compte des réels besoins, biens moindres. Néanmoins, la RN147 joue toujours un rôle important d’irrigation pour les départements de la Vienne et de la Haute-Vienne, et plus globalement, en tant que liaison Nantes - Limoges.
b) Section étudiée :
La section objet de l’étude se situe entre le giratoire d'entrée de la commune avec la RD727B et le carrefour avec la RD13 après les virages au nord. D’une longueur d’environ 10 km, cette section se situe sur les communes de Lussac-les-Châteaux, Le Pont et Mazerolles, dans le département de la Vienne (86) en zone d'habitations et en rase campagne.
2/ Justification de l'aménagement
Pourquoi est-il nécessaire de réaliser des aménagements ? Quels sont les problèmes rencontrés dans la commune ?
a) Situation
1. Des problèmes de sécurité persistants :
Les accidents surviennent dans le bourg et dans les virages situés au nord de la commune, bine que les endroits soient aménagées à un minimum.
2. Une saturation récurrente dans le bourg :
Le secteur de la RN147 en traversée d'Aurillac comprend 1 feu tricolore et plusieurs carrefours à niveaux simples assurant le fonctionnement des carrefours avec les voies adjacentes. En haute-saison, ou en période de grands chassés-croisés, des embouteillages d'environ 5 km se forment dans chaque sens au droit du feu tricolore et les temps de parcours sont multipliés, de sorte à ce que la traversée de la commue mette autant de temps que le trajet Poitiers - Limoges complet en temps normal (soit 1h30) . Au delà du « temps perdu » par les automobilistes ces difficultés entrainent des augmentations des nuisances pour les riverains et des rejets de gaz polluants.
3. Des point positifs :
La largeur actuelle de la chaussée permet d'envisager un réaménagement global et profond de la traversée du bourg, par sa mise en valeur et sa végétalisation. De plus, la priorité est donnée à la sécurité, d'une part, des riverains et d'autre part, des véhicules. Notons aussi la présence de deux aires de repos aménagées, une pour les véhicules légers et une autre pour les poids-lourds, qui, par leur charme et leur mise en valeur (notamment le Champ de Foire) favorisent les longues pauses qui permettent de faire connaitre et vivre la commune.
b) Un fort taux de poids lourds mais des niveaux de service acceptables en 2013 :
Le trafic sur la RN 147 est de l’ordre de 6 500 véhicules/jour en 2013 (poste de Moulismes) et d’environ 5 à 10 000 véhicules/jour sur le reste de l'itinéraire. On note un trafic poids lourds de l’ordre de 20% sur le tronçon étudié. On observe ainsi un taux de poids lourds moyen. TMJA 2011 - DIR Centre-Ouest
Pour un bourg, le trafic actuel reste très correct et pas trop élevé, sans compter qu'après aménagement, celui-ci sera encore plus bénéfique pour l'activité économique mais permettra aussi aux riverains de vivre dans de meilleures conditions avec l'atténuation des nuisances et de l'amélioration de la commune.
c) Un trafic stable
Conclusion :
S'il doit y avoir une amélioration des conditions de la circulation, elle doit être faite de manière à être adaptée avec le trafic actuel et son augmentation potentielle. Les objectifs à atteindre sont d'améliorer la sécurité et d'éradiquer les embouteillages. Ces améliorations prennent en compte les facteurs suivants. 3/ Facteurs importants
Pourquoi ne pas aménager une déviation ? Prendre en compte les facteurs importants pour définir le parti d'aménagement.
a) Economie
Les mauvaises conditions de circulation exceptionnelles nuisent en partie au développement économique de la commune, bien que celle-ci compte tout de même une zone d'activités au sud. Parallèlement, ces mauvaises conditions permettent aussi, au-delà des nuisances qu'il faudra résoudre, la vie de la commune car ces embouteillages favorisent les longues pauses sur la place du Champ-de-Foire, ombragée, aménagée pour les camping-cars et bordée de nombreux commerces.
Créer une déviation aurait affaiblie voir supprimer les activités liées à la route, alors que celle-ci sont assurées d'exister même par temps de crise ; alors que le développement de la zone artisanale n'aurait pas été garanti ni forcément durable. Il convient néanmoins d'améliorer la desserte de la zone économique pour un possible développement et pour grossir les activités économiques de la commune.
b) Agriculture
Selon la direction Régionale de l'Alimentation, de l'Agriculture et de la Foret de Poitou-Charentes, il n'y a plus que 14 exploitations agricoles en 2010 contre 25 en 2000. Les surfaces agricoles utilisées ont diminué et sont passées de 1 330 hectares en 2000 à 963 hectares en 2010. 35% sont destinées à la culture des céréales (blé tendre essentiellement mais aussi orges et maïs), 46% pour le fourrage et 8% reste en herbe. En 2000, un hectare (0 en 2010) était consacré à la vigne. 5 exploitations en 2010 (contre 7 en 2000) abritent un élevage de bovins (523 têtes en 2010 contre 435 en 2000). 8 exploitations en 2010 (contre 17 en 2000) abritent un élevage d'ovins (1 110 têtes en 2010 contre 3 507 têtes en 2000).
c) Environnement
1. Forêts, faune et flore :
La forêt de Lussac est un massif forestier de près de 500 hectares qui occupe un plateau dont l’altitude voisine entre 120 à 140 m. C’est une zone classée d’intérêt écologique, faunistique et floristique. Elle est située sur les communes de Civaux et de Lussac-les-Châteaux. Elle est parcourue, en son centre, par un vallon au modelé modeste. C’est le vallon de Pérofin. La forêt de Lussac domine la rive gauche de la vallée de la Vienne de près de 70 mètres. Ses versants pentus forment localement des escarpements. Les sols du plateau, issus du remaniement d’argiles déposées au Tertiaire, sont profonds, acides et hydromorphes. Ils sont couramment dénommés «bornais». Ils sont recouverts par une chênaie sessiliflore où le Hêtre apparaît de façon diffuse. Sur les pentes où affleurent les calcaires dolomitiques du Jurassique, la chênaie-charmaie domine. Au niveau des escarpements où le sol est le plus superficiel, la chênaie pubescente thermophile s’est largement installée. Dans l’angle nord-est de la forêt, le secteur des Grandes Brandes abrite plus de 500 excavations qui sont le témoignage de l’ancienne exploitation de pierre meulière. Ces excavations forment, de nos jours, des mares qui sont entourées de lambeaux de lande haute à Bruyère à balais en voie de boisement. La forêt de Lussac offre, grâce à la diversité de ses milieux forestiers et à l’originalité de certains de ses habitats (mares des Grandes Brandes, notamment),une grande richesse biologique qui a justifié son classement. La forêt de Lussac héberge une riche communauté de rapaces forestiers menacés en Europe. Elle abrite également plusieurs passereaux forestiers et landicoles rares comme le Gros-bec casse-noyaux ou la Fauvette pitchou. Il est donc possible de découvrir :
- Bondrée apivore.
- Bouvreuil pivoine.
- Bruant des roseaux.
- Busard cendré.
- Busard Saint Martin.
- Faucon hobereau.
- Fauvette pitchou.
- Gros-bec casse-noyaux.
- Locustelle tachetée.
- Mésange huppée.
- Milan noir.
- Pouillot siffleur.
- Râle d’eau.
Les mares des Grandes Brandes constituent un site de reproduction important pour de nombreux amphibiens menacés : on y observe notamment la présence de deux grandes espèces de tritons – le Triton crêté et le Triton marbré - accompagnés ici de leur hybride, le Triton de Blasius, ainsi que plusieurs espèces globalement rares en région Poitou-Charentes comme le Crapaud calamite, la Grenouille de Lesson, la Rainette verte, le Pélodyte ponctué. La zone est aussi très riche en plantes protégées. Dans le vallon, se localisent de grandes raretés comme le Lis martagon qui est, ici, tout proche de sa limite nord-occidentale en France. On trouve, aussi, la Laîche ombreuse. C'est son unique habitat dans le département de la Vienne. Sur le plateau ,la plante la plus remarquable est la Calamagrostide faux roseau. C'est une graminée montagnarde qui n’existe pas dans un autre endroit de la région Poitou-Charentes. Le pourtour des mares aux eaux pauvres en substances nutritives abrite également une flore rare et spécialisée, où se remarque surtout la Pilulaire à globules, une petite fougère semi-aquatique aux curieuses fructifications en forme de noisettes.
- Calamagrostide faux roseau.
- Canche sétacée.
- Cicendie naine.
- Corydale à bulbe plein.
- Hêtre d’Europe.
- Laîche des montagnes.
- Laîche ombreuse. Cette plante fait l’objet d’une protection au niveau national.
- Laîche puce.
- Lis martagon. C'est une Liliacée. Sa tige est haute jusqu’à 1,5 mètre. Elle s’orne d’une grappe de grandes fleurs rose violacé ponctuées de pourpre et qui penchent vers le sol. Elle possède en effet un tempérament montagnard qui lui fait éviter presque totalement les plaines atlantiques où elle ne peut subsister que dans des stations au microclimat particulier. Cette plante fait l’objet d’une protection au niveau national.
- Marguerite en corymbe.
- Orpin rougeâtre.
- Pissenlit des marais.
- Porcelle à feuilles tachetées. Cette plante fait l’objet d’une protection au niveau national.
- Scille à deux feuilles. C'est une Liliacée bulbeuse de taille modeste car elle n'est haute que de 10 à 25 cm. Elle possède de petites fleurs bleues disposées en grappes lâches.
- Vesce de Poméranie. Cette plante fait l’objet d’une protection au niveau national.
Le paysage au sud de la commune est surtout constitué de terres agricoles, de forêts et de zones d'habitations. Ces endroits sont constitués de la même façon que ceux situés au nord de la ville. Ils restent d'une haute diversité et d'un intérêt remarquable avec ses plateaux et vallées. Même si l'on compte plus d'habitats au nord de la commune, le sud, aussi traversé par la Vienne, appartient au lieu de vie des multiples espèces et demeure d'une grande biodiversité.
2. Eau :
La Vienne, vue depuis la RN147.
Lussac-les-Châteaux est traversée par la Vienne, à l'ouest de la ville, qui sépare Lussac de sa voisine immédiate Mazerolles. Cette rivière concentre une très riche biodiversité et cette ressource est essentielle au fonctionnement de l'éco-système.
3. Zone d'habitations :
d) Point sur le financement de la déviation :
- CPER 2000-2008 : Le financement inscrit au CPER 2000-2008 concerne exclusivement les études pour un montant total de 0,985 M€. La répartition entre co-financeurs s'est établie ainsi : ■ État → 39.25 % ■ Région → 39.25 % ■ Département 86 → 21.50 %
- PDMI 2009 – 2014 : L'enveloppe État inscrite au plan de modernisation des itinéraires s'élève a 20M€. Ce montant est réservé aux études, acquisition foncières et réalisation d' ouvrages d'art. Il ne permet pas de réaliser une tranche fonctionnelle de l'opération.
A titre d'information, une section Fleuré - Lussac-les-Châteaux-Sud à 2x2 voies coûterait plus de 105M€, somme colossale, qui est démesurée par rapport à l'utilisation de l'axe (et qui servirait pour détruire l'environnement, l'agriculture, les commerces et le cadre de vie des gens).
Aujourd'hui, le projet de déviation semble au point mort, ce qui n'est pas plus mal. D'un point de vu global, la RN147 n'est pas inscrite dans le SNIT (Schéma National des Infrastructures de Transport) et, contrairement à d'autres routes (RN10, RN141) l'Etat semble se désengager de l'aménagement de l'axe, traduisant directement l'inutilité de ce type d'infrastructure (si c'était nécessaire, l'Etat serait investit dessus, comme il le fait sur les deux routes précédemment citées).
Conclusion :
Si la commune est le cadre de vie de nombreuses espèces animales et d'une biodiversité remarquable, le nombre et la surface des espaces agricoles ont diminué de moitié entre 2000 et 2010. La Vienne, cours d'eau important, traverse aussi la commune. L'aménagement de la RN147 doit répondre à ces deux enjeux : - préserver l'environnement ;
- dynamiser le secteur agricole.
Une déviation est incompatible avec les enjeux cités ci-dessus, d'autant qu'elle n'est pas nécessaire compte-tenu du trafic actuel. Réaliser ce type d'aménagement n'est pas une nécessité, et serait source de déséquilibres environnementaux, notamment car le tracé choisi est également le lieu de vie de toute la biodiversité présente à Lussac. Ensuite, si dynamiser l'agriculture est indispensable et vu la baisse de la surface agricole, réquisitionner des terres n'arrangerait rien à cette situation, mais affaiblirait les derniers agriculteurs. 4/ Objectifs
Au regard des caractéristiques de la RN147 actuelle, des problèmes, du trafic et de la situation actuelle, il nécessaire de :- d'aménager le bourg pour améliorer la sécurité, réduire les nuisances et supprimer les embouteillages en cas d'affluence ; - permettre le développement de la zone économique tout en développent l'activité liée au flux de véhicules de la RN147 ; - de supprimer les virages incompatibles avec les véhicules actuels. 5/ Parti d'aménagement
Compte-tenu du contexte actuel, il est nécessaire de s'orienter vers une requalification globale de la traversée du bourg, avec les objectifs listés ci-dessus. L’aménagement consisterait en :
- le réaménagement de la traversée du bourg (rénovation de la chaussée, des trottoirs, végétalisation) ;
- la rectification des virages au nord de la commune.
Plan des aménagements
Description des aménagements :
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6/ Suite des opérations
a) Coût / Point sur les finances
b) Calendrier
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